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To Denis Mgr Frayssinous   octobre 1824

[5] [hand: André-Marie Ampère] À son excellence, Monseigneur l'évêque d'Hermapolis, pair de France, ministre et secrétaire d'état au Département des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique.
Monseigneur,

Si, comme j'ose m'en flatter d'après les bontés dont votre Excellence m'a honoré, ce n'est pas parce que j'ai mérité sa disgrâce que je n'ai pu conserver la place d'inspecteur [] général des études, me permettra-t-elle de lui exposer un moyen, exposer un moyen de me rendre, de rendre à mes enfans [enfants], ce que nous venons de perdre .

J'apprends que M. Cauchy, qui remplissait avec tant d'éclat la chaire de mécanique à la Faculté des sciences, a préféré celle d'astronomie vacante par la promotion de Mr. Dinet à la place que j'ai perdue, cette chaire de mécanique vacante comblerait mes vœux, et peut-être, Monseigneur, suis-je parmi ceux qui peuvent la remplir dans ce moment, celui qui serait plus propre à ce genre d'enseignement, depuis sept ans je professe à l'École royale polytechnique précisément les mêmes choses que M. Cauchy donnait dans son cours de mécanique à la Faculté, et j'ai publié, à diverses époques, des mémoires sur cette branche des sciences mathématiques qui n'ont peut-être pas été inutiles à ses progrès. C'est sur le rapport, infiniment flatteur pour moi, que fit le célèbre Lagrange du premier de ces mémoires que je fus appelé il y a vingt ans à Paris pour y remplir les fonctions de répétiteur. J'ai composé les autres depuis que j'y suis fixé.

[6] Si le choix de votre Excellence est déjà fait relativement au professeur qui doit remplacer M. Cauchy à la Faculté des sciences , il me restera du moins la consolation, dans le malheur que je viens d'éprouver, d'avoir agi lorsque j'ai renoncé à la place que j'aurais surtout désiré de conserver, uniquement dans la vue de prouver à votre Excellence, dès qu'on m'eut fait connaître ses intentions, quelle était mon entière soumission à tout ce qu'elle pouvait désirer de moi, et jusqu'où allait mon profond respect et l'éternelle reconnaissance dont m'avaient pénétré les marques de bienveillance que je venais de recevoir de votre Excellence.

J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Monseigneur, de votre Excellence, Paris 9 8bre [octobre] 1824.

le très humble et très obéissant serviteur. A. Ampère

Please cite as “L673,”εpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on 23 September 2019, https://epsilon.ac.uk/view/ampere/letters/L673