From Claude-Joseph Dupras   16 août 1812

[905] Bourg, le 16 août 1812
A Monsieur Ampère inspecteur général de l'université impériale Dupras co-associé avec le principal du collège de Bourg.
Monsieur

Je prends la liberté de vous entretenir encore une fois de mes intérêts et de ma situation ; voilà l'année scolaire écoulée, et par une fatalité qui semble me poursuivre, ma position est toujours la même, toujours pénible, toujours incertaine, toujours onéreuse.

La ville de Bourg a fait toutes les démarches qu'elle a cru nécessaires pour obtenir un lycée, et rien encore, aucune probabilité même n'en peut encore faire espérer l'établissement.

L'école secondaire ecclésiastique de Meximieux devait être transférée à Bourg, et monseigneur l'archevêque que cette disposition contrarie, en a suspendu l'effet, et vraisemblablement cette puissance obtiendra le report de la décision.

Depuis 1810, nous sommes privés, contre le gré même du conseil municipal, du secours que la ville nous avait promis, et le déficit bien prouvé, bien démontré, bien établi par pièces probantes, reste toujours à notre charge, sans que nous ayons encore le moindre espoir de voir le gouvernement accueillir nos réclamations.

Il est démontré que les ressources du collège de Bourg, en y joignant les secours de la ville, peuvent tirer d'affaire un chef mais non deux associés ; il m'est de toute impossibilité,[906] vu les pertes que j'ai faites ces trois dernières années, de recommencer comme associé aux charges du collège de Bourg, l'année scolaire qui va s'ouvrir. Le conseil de l'université est trop juste pour m'assujettir à descendre à l'état de simple professeur, après avoir supporté les pertes les plus considérables, fait le sacrifice de mon temps et de mes peines, dans l'unique espoir d'une promotion avantageuse que mon titre me donnait lieu d'attendre.

C'est d'après ces considérations, que je me décide à faire de nouvelles démarches, mais comme il convient de désigner le poste que l'on demande, toutes les fois qu'on veut réussir, je m'adresse à vous, Monsieur, pour vous prier de me faire passer la note des places qui peuvent me convenir, et qui doivent vaquer cette année. J'ai trop de confiance en vos bontés, pour douter un seul instant de votre empressement à me rendre ce service.

Je n'agirai pas avant votre réponse, et pour plus de certitude dans les succès que je désire, je vous prie de me dire votre avis sur les postes dont vous daignerez me donner note ; pour comble de bienfait, faites-moi l'amitié de me donner aussi la marche qu'il convient de prendre.

Je suis tellement peiné de ma situation, que je ne répugnerai pas à faire le voyage de Paris, après en avoir obtenu cependant la permission, si vous jugez que cette démarche soit nécessaire, et surtout si je dois espérer que vous daignerez concourir à l'efficacité de ma demande par les recommandations particulières que comportent votre crédit, votre influence et le rang distingué que vous occupez. Je n'aurai point à regretter, j'en suis convaincu, les nouveaux sacrifices que ce parti extrême entraînera.

[907]Ma confiance en vous, Monsieur, est sans borne, j'attendrai en conséquence votre avis pour suivre la direction que vous daignerez me donner. Je désirerais aussi savoir quels sont les membres de l'université chargés des collèges, et celui à qui il conviendra de m'adresser. Daignez, Monsieur, me rappeler au souvenir de M.M. Petitot, Rendu, et Guéneau de Mussy, toutes les fois que l'occasion s'en présentera, et me recommander à leur bonté et à leur justice.

J'ai l'honneur d'être, avec la plus haute considération, Monsieur, votre très humble et très dévoué serviteur. Dupras.

M. Petitot est-il toujours à [illisible]

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