Voici, ma bonne amie, la note de ce que tu trouveras dans le paquet que tu recevras avec cette lettre : 6 paires de bas gris, 10 mouchoirs de poche lilas, 1 habit à collet noir, 1 gilet tricoté, 1 culotte grise, 5 cravates à bord lilas, 1 cravate de grosse mousseline, 1 chapeau vieux, 1 paire de bottes. Ta note indiquait encore : 1 paire de bas gris, 1 cravate bleue,[7] 1 cravate de diverses couleurs, 1 habit bleu léger, 1 gilet de soie rayée, 1 culotte de nankin, 1 chapeau neuf. Mais ces objets me sont nécessaires pour mon départ. Je te les porterai sur mon corps, excepté une des 2 cravates que je laisse pour le petit voyage que je serai obligé de faire ici huit jours après mon départ afin d'assister à la clôture des cours et à la distribution des prix et de donner[8] une séance d'expériences publiques pour les dames et les oisifs de Bourg. Si tu savais avec quel plaisir je fais ces paquets ! Le voilà enfin arrivé ce temps des vacances si longtemps attendu ! Que j'ai peur qu'il passe trop vite ! Tu me dis qu'il ne passera pas aussi agréablement q[ue] nous l'avions projeté . Pour toi, hélas oui, ma pauvre amie ; mais, pour moi, qu'importe la ville ou la campagne, pourvu que je puisse être tout[9] le jour auprès de toi et occupé de toi ! Voilà la dernière lettre que je t'écrirai d'ici à ce que je t'embrasse. A dimanche, à 5 h[eures] ou 6 h[eures], ma bonne ma bien bonne amie ! J'embrasse mille fois tous ceux que j'aime.
Please cite as “L166,” in Ɛpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on