From François Clerc   30 septembre 1802

9 Brumaire, An XI [31 septembre 1802]

Nous sommes perdus, mon cher ami ! Vous connaissez aussi bien que moi l'arrêté des consuls relatifs aux écoles centrales de l'arrondissement de Lyon. Je vous annonce encore deux jours de bonheur domestique ; notre rentrée n'aura lieu que le 17 ; elle sera triste, tranquille, obscure et sans la présence d'aucune des autorités constituées.

Je ne sais pas comment nous pourrons enseigner jusqu'en Germinal, puisqu'à la réception de l'arrêté des consuls le préfet devra faire apposer les scellés sur la bibliothèque, le cabinet et autres dépôts. La ville de Bourg va organiser son école secondaire de manière à ce qu'elle vive à l'instant où nous mourrons. Il est dur de dépendre du gouvernement, mais il le sera bien davantage d'être sous la domination d'une petite ville. Ne pourrions nous pas former à Lyon un établissement qui nous mît tous deux hors de la dépendance ? Pensez-y, car aussi bien il n'y a guère à faire pour nous à Bourg. 5 ou 600 francs, tel sera le traitement des régents du collège futur, si toute fois on leur en assure un. M. Goubaud est encore à Paris, ou plutôt il n'est pas encore arrivé. On ignore même s'il reviendra, connaissant toutes ces dispositions consulaires.

Nous avons vu hier le préfet qui nous a dit que le gouvernement ne lui avait point encore alloué de fonds pour l'enseignement de l'An XI et qu'il n'avait envoyé que la moitié du traitement de fructidor dernier. Le préfet ne fournira rien aux dépenses de l'école projetée à Bourg ; la ville sera chargée de tout ; jugez comme tout ira bien !

Nous aurons très peu d'élèves cette année ; les étrangers à Bourg n'enverront pas leurs enfants pour quatre mois. Je viens d'achever ma traduction des courbes du 3e ordre. Faites moi l'amitié de demander à M. Périsse ou autre libraire s'il voudrait se charger d'en faire l'impression et à quelles conditions il le voudrait. Mille respects à votre aimable épouse. Votre ami, CLERC

Au citoyen Ampère, professeur de physique de l'École centrale de l'Ain , etc., chez M. Périsse-Marsil, libraire, rue Mercière, à Lyon.

Please cite as “L167,” in Ɛpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on 18 June 2024, https://epsilon.ac.uk/view/ampere/letters/L167