[illeg] [8] péniblement affecté de toute ta famille. Cela m'a rassuré sur toi et fait de la peine en même temps de penser que tu étais obligé d'être consolateur, quand c'est toi qui aurais tant besoin de consolations.
Je tremble qu'on m'avertisse de partir, avant d'avoir cacheté ceci. Il faut pourtant que ma lettre parte aujourd'hui ; ce sera encore deux jours plus tard qu'elle ne devait. Mon ami, celui qui t'aime le plus au monde, t'embrasse comme il t'aime et voudrait que son amitié pût être pour toi de quelque consolation. Mais mon intelligence est oppressée, il n'y a plus rien en moi. Je n'existe plus que comme[9] un monument de ce que fut mon âme quand les plus doux sentiments la remplissaient entièrement.
Mon ami, mon ami, mon cœur crie après toi ; conserve, pour ce cadavre de moi-même, l'amitié que tu avais pour moi plein de vie. écris-moi, aime-moi ! Tu sais si Ampère t'aime.
Please cite as “L404,” in Ɛpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on