From Frédéric Maurice (baron)   9 février 1816

[7] 9 février 1816

Vous verrez, mon cher Ampère, par le billet ci-inclus que j'ai reçu ce soir de Genève et qui est de la main de M. Pictet, l'ancien Inspecteur de l'Université, physicien, que son neveu M. Eynard auquel je m'étais adressé pour le tellure n'avait point oublié votre commission mais, sans m'en prévenir, M. Eynard, au lieu d'écrire directement à Vienne et d'y envoyer votre note, ce que je croyais, a, à ce que je vois, chargé son oncle M. Pictet d'écrire à M. de Carro à Vienne : ce que j'aurais su faire aussi bien que lui. Puisque donc l'affaire en est là, je vous conseille d'écrire à M. Pictet à Genève pour suivre avec lui cette petite négociation. Vous vous connaissez et, M. Eynard et moi, nous ne formons plus là que des intermédiaires inutiles. L'adresse de M. Pictet est : M. M. A. Pictet, professeur de Philosophie à Genève, Suisse.

Si vous ne lisiez pas l'ouvrage de M. Beudant sur la Physique *, que j'ai vu chez vous, je vous serais fort obligé de me le prêter pour quelque temps ; et, si vous le lisez vous même, après que vous l'aurez fini.

Adieu, mon cher Géomètre, mon cher Chimiste  ; je m'arrête là ; je vous nomme, dans leur ordre, les titres que vous devez chercher à honorer ; j'en sais un autre qu'il faut fuir pour le salut de votre gloire. Tout à vous, MAURICE.

[6] Copie de la réponse de M. Decawe à la demande à lui faite par M. Pictet, de la part de quelques chimistes de Paris pour se procurer de la mine de tellure.

Jacquin vient de me dire que la commission dont vous me chargez avait été donnée par MM. Vauquelin et Ampère à un M. Baldtauf de Waldenstein, un de nos employés au département des mines qui avait été envoyé à Paris pendant le séjour de notre Empereur pour des objets relatifs à la minéralogie ; que, depuis son retour à Vienne, le dit M. de Waldenstein a trouvé quelques beaux morceaux de gangue de tellurium dans le cabinet du Comte Ferdinand Patfy, que celui-ci a destinés à M. Vauquelin, avec lequel il est en relations pour d'autres objets de minéralogie ; que, dans ce moment, Jacquin ne saurait absolument pas où s'adresser à Vienne pour en avoir une plus grande quantité ; qu'il va se concerter avec M. de Waldenstein pour s'en procurer de Transylvanie ; qu'il prend sur lui cette commission et en écrira à M. Vauquelin lui-même, à qui il doit une lettre ; et qu'aussitôt qu'il saura la quantité et le prix de ce qu'on pourra se procurer, il me le fera savoir pour que nous nous entendions sur le payement et l'expédition, d'après des instructions. Voilà, Monsieur, tout ce que je puis vous dire pour le moment ; comme je vois souvent Jacquin, je lui rappellerai de temps en temps cette commission.

Vienne, 17 janvier 1816.

[8]onsieur Ampère Membre de l'Institut, etc. Cour du Commerce, n° 19, quartier Saint–André–des–Arts, à Paris

Please cite as “L526,” in Ɛpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on 8 May 2024, https://epsilon.ac.uk/view/ampere/letters/L526