[345]Mon cher fils, Bredin m'a empêché de t'écrire avant-hier. Hier, j'ai été très bien ; malheureusement, après une promenade en voiture avec lui et deux de ses enfants qui, avec le plus beau temps, a duré près de cinq heures, j'ai parlé trop parce que M. Clerc est venu me voir : ce qui m'a fait tousser cette nuit ; mais décidément je vais mieux.
J'ai compté le peu d'argent qui me reste et je ne peux plus quitter Lyon sans que tu m'aies apporté de l'argent. Je ne pourrais pas même payer le compte de l'apothicaire et donner aux domestiques. Rien pour la route. Le médecin voudrait que je partisse le plus tôt possible pour Orange.
J'attends ta réponse à la lettre de Bredin avec la plus grande impatience. Tu ne m'as pas écrit que tu aies vu M. de Luynes. Il[346] faut le voir à tout prix avant de quitter Paris, ainsi que les deux Mussy et M. Ambroise Rendu. Il faut que tous ceux qui peuvent contribuer à me faire avoir une tournée au mois de mai prochain sachent bien que c'est ce que je désire le plus au monde, que l'amélioration de ma santé est telle que le médecin se tient si sûr d'une guérison parfaite assez prompte qu'il n'exige que je reste dans le Midi jusqu'au printemps prochain, c'est pour prévenir tout danger d'une rechute ; que je serai de retour à Paris le 1er avril et que, si l'on me refusait alors d'aller en tournée, ce serait une peine extrême pour moi. Bien entendu que je serais complètement. [illeg]
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