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To Jean-Jacques Ampère (fils d'Ampère)   25 juillet 1835

[425] Périgueux 25 juillet [1835]

Mon cher fils, je n'ai pu encore répondre à ta lettre que j'ai [reçue] à Auch. Je te remercie mille fois de toutes les peines que tu t'es données pour nous sauver de M. Ride et de la lettre par laquelle tu m'apprends l'issue favorable du conseil de famille. C'est un premier succès ; mais il ne peut y avoir de sûreté pour nos vies à tous, et pour lui-même, que quand l'interdiction sera prononcée. Je pense que tu as chargé quelqu'un de suivre cette affaire ; mais, comme tu ne me disais rien des mesures que tu avais pu prendre, j'ai écrit à M. Lenoir, dont tu m'as écrit la participation au conseil de famille, pour le prier de faire tout ce qu'il conviendrait pour les formalités à remplir afin de parvenir au jugement définitif ; jusqu'à ce qu'il soit rendu, je ne serai pas tranquille. Comme tu m'avais demandé une déclaration de mon assentiment à tout ce qui se ferait dans ce sens, et que j'avais mis cet assentiment dans une lettre qui ne sera arrivée à Paris qu'après ton départ, j'ai mis les mêmes phrases d'adhésion à la demande en interdiction qui était dans ma lettre d'Auch qui ne te sera parvenue qu'à Dieppe.

Peut-être entendais-tu qu'il fallait que cette adhésion fût constatée par un acte que j'aurais fait par devant notaire. Mais, comme tu ne me le marquais pas, je n'en ai rien fait. Au reste, je serai à Paris vers le 15 août ; ce sera une grande joie pour moi, après une si longue absence, si je t'y trouve de retour et bien portant, fraîchement arrivé des rivages où j'ai vu la mer pour la[426] première fois.

Offre à tes compagnons de voyage toutes sortes de respectueux hommages pour les dames et les grandeurs littéraires, d'amitiés pour ceux qui en ont pour moi ; donne-moi de leurs nouvelles et des tiennes. Raconte-moi ton voyage, ton arrivée, comment tu es à Dieppe, et ce que tu vois dans cette ville où j'ai passé quelques jours avec tant de plaisir, il y a 26 ans.

26 juillet - II était dit que Périgueux, où j'avais [[trouvé]] de si bonnes choses il y a deux ans pour ma classification, y verrait mettre la dernière main. J'y ai enfin trouvé le véritable ordre des sciences politiques cherché depuis si longtemps. Par quelle sorte d'éblouissement ne l'ai [je] vu que si tard ? Déjà tous les vers relatifs à l'ordre actuel ont été arrangés. A Paris pour t'en donner les détails !

Il faut fermer ma lettre pour ne pas manquer le courrier ; adresse le plus tôt que tu pourras, ta réponse à Guéret, département de la Creuse, toujours chez le principal du Collège communal. Mille fois tout à toi, ton tendre père, A. Ampère

[427]Monsieur J-J Ampère, professeur au Collège de France, bureau restant à Dieppe, département de la Seine-Inférieure

Please cite as “L820,” εpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on 7 August 2020, https://epsilon.ac.uk/view/ampere/letters/L820