Votre Excellence a daigné me consulter sur le choix des personnes attachées au cours dont je suis chargé à l'école royale Polytechnique, soit comme répétiteurs, soit comme adjoints. Par quelques circonstances imprévues, la lettre de votre Excellence qui avait été apportée chez moi dans le temps, ne m'a point été remise alors. Je me trouvais sorti, mon domestique qui l'avait reçue, l'avait mise sur ma table. On ne m'avertit point quand je rentrai, et ce n'est qu'hier que je la trouvai par hasard en cherchant d'autres papiers. J'ai pris des mesures pour que la même chose ne puisse plus arriver, mais je ne saurais me pardonner cet événement en pensant que vous avez dû m'accuser d'une négligence impardonnable sans qu'il y eut de ma part d'autre faute que de n'avoir pas prévu que ce contretemps pouvait m'arriver, et de n'avoir pas pris plus de précaution pour qu'on m'avertisse de toutes les lettres que je reçois. Mon plus grand chagrin est que cela ne me soit pas arrivé plus tôt pour quelque lettre moins importante que celle dont votre Excellence m'a honoré, afin que j'eusse pris plus tôt les précautions nécessaires. Il ne me reste plus qu'à supplier votre Excellence de pardonner un retard qui n'a pas dépendu de ma volonté et que je me reproche bien vivement.
Au reste, je n'ai que des éloges à donner à la manière dont les personnes attachées à mon cours ont rempli pendant l'année qui vient de s'écouler, les fonctions qui leur étaient confiées, et je pense que votre Excellence ne peut mieux faire pour le bien de l'instruction à l'école royale polytechnique, que de les en charger de nouveau pour l'année prochaine.
Daignez, Monseigneur, agréer l'hommage du plus profond respect et du plus entier dévouement. Je suis, Monseigneur, de votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur. A. Ampère
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