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To Stéphane Périsse   20 septembre 1824

20 septembre 1824
Mon cher et excellent ami,

La note relative à mes travaux dans les mathématiques et la physique que je t'avais promise avant ton départ de Paris ayant été égarée par celui qui en avait fait l'espèce d'extrait beaucoup trop abrégé que tu as vu dans la quotidienne, il m'a fallu la refaire, ce qui a exigé que je trouvasse un moment de liberté pour l'écrire. Je la joins ici, et d'après ton observation j'y ai mis une notice de tout ce que j'ai publié, dans les divers ouvrages périodiques sur les sciences, relativement à cette nouvelle branche de physique que j'ai faite. Cette notice est d'autant plus convenable que depuis que l'édition de mon recueil est épuisée, ce n'est plus que dans les articles qu'elle désigne que l'on peut retrouver ce que j'ai écrit sur ce sujet et toute la suite de mes idées. Tu me rendras un bien grand service et dont je te serai infiniment reconnaissant, en faisant insérer ce que je t'envoie dans le journal dont tu m'as parlé, afin que du moins on ait à Lyon quelque idée de ce que fait un compatriote dans la carrière des sciences. Tu rendrais ce service encore plus complet si tu engageais l'imprimeur de ce journal à en tirer à part une vingtaine d'exemplaires à part à mon compte que tu m'enverrais avec la note de ce que coûteraient le papier et le tirage que je te rembourserai de suite. Il me serait infiniment agréable de pouvoir donner cet article à quelques amis. Je prie de présenter à toute ta famille l'expression de la plus tendre amitié, je vous embrasse tous du fond de mon âme, et souhaite que vous soyez tous aussi heureux que vous devez l'être si le bonheur est pour ceux qui le méritent.

Madame Carine pensera-t-elle quelquefois à l'oncle à qui elle a inspiré une si véritable et si vive amitié ; je lui dois aussi de la reconnaissance puisque c'est elle qui fait le bonheur d'un neveu qui m'est si cher, et d'une famille qui n'a cessé de me montrer la plus tendre amitié depuis qu'elle est devenue mienne. Je n'ai point reçu depuis ton voyage à Paris de nouvelles de Jean-Jacques, je ne sais si l'Italie ne lui fait point un peu oublier son papa.

Adieu, cher et mille fois cher ami. Je t'embrasse de tout mon cœur et te prie d'embrasser pour moi toute ta famille, sans oublier les Empaire, ainsi que Francisque et sa femme. Tout à toi. Ton oncle  ; A. Ampère

A Monsieur Stéphane Périsse, Grande rue Mercière à Lyon, département du Rhône.

Please cite as “L863,”εpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on 23 September 2019, https://epsilon.ac.uk/view/ampere/letters/L863