Je t'écris à la hâte un petit mot pour te remercier d'une jolie lettre. Je vois que tu es toujours dérangée d'après ce que je puis conclure de ce que tu me dis, et cela m'inquiète beaucoup. Je te prie d'en parler sérieusement à M. Martin. Faut-il qu'à l'ennui d'être loin de toi je joigne des craintes sur ta santé ? Pauvre petite, quand seras-tu heureuse comme tu mériterais[1322] de l'être ?
Tous les arrangements dont je t'ai parlé étaient relatifs à un petit voyage au printemps pour que tu visses ce pays et que tu le remplisses de doux souvenirs pour le temps que j'y serai ensuite sans toi. Je suis bien loin [de penser] à des arrangements d' hiver . Le même bruit qu'à Lyon court ici et inquiète les professeurs .
Je suis bien aise que M. de Jussieu tienne le marché ; il me sauve [d']un grand embarras que m'auraient données les machines pour en tirer parti. Tu as vu que ses raisons m'avaient paru bonnes et m'avaient décidé à ne pas le contraindre. Mais j'espère que tu ne lui auras pas fait part de ce mouvement de condescendance déplacée. Je le crains un peu, mais j'espère que ta p[remiè]re lettre me tirera d'inquiétude à ce sujet. M. Rousin [1323] est malade ; il ne peut aller à Lyon et veut charger Marsil de sa besogne . Il doit lui écrire à ce sujet et, quand Marsil aura une lettre de lui, il pourra réclamer tous ses frais .
Je t'embrasse mille fois de tout mon cœur. A. AMPÈRE
Please cite as “L91,” in Ɛpsilon: The André-Marie Ampère Collection accessed on