My dear Mr Talbot:
Caroline 1 me fait part ce matin de l'étonnement où vous êtes de ne point recevoir de nouvelles ou de visite de Mr de Bassano. 2 La lettre de Milady 3 à Caroline est du 20 de ce mois, jour où je suppose ces messieurs arrivés en ville: puisqu'ils sont partis de Paris le 14 au soir, pour la demeure de Mr de Bassano où ils devaient rester seulement deux jours: or, d'après mon calcul, ils doivent, depuis la lettre de Lady Elizabeth, être maintenant en rapports personnels avec vous, - Votre dernière du 15 4 m'est parvenue après leur départ, et, comme je les croyais en route pour Londres, je ne l'ai point envoyée pensant bien qu'ils vous auraient vu avant qu'ils pussent la recevoir, et que par conséquent ils répondraient eux-mêmes à tout ce qu'elle contient au sujet des changements que vous proposez quant au mode de réparition des bénéfices. Je me suis occupé de trouver un homme intelligent versé dans ces sortes d'affaires et il m'a été recommandé un Monsieur de Lagrange, 5 demeurant - 42. rue des petites écuries. Il jouit de considération sociale, d'une réputation de grande probité, d'une très belle fortune. Il possède une connaissance fort exacte, dit-on, des lois, non seulement de France; mais encore de l'Amérique et de l'Angleterre dont il sait la langue ayant habité ces deux pays. C'est un homme âgé; de l'extérieur le plus grave et le plus respectable: On m'a introduite auprès de lui et d'après le peu que j'ai exposé, il m'a paru très-empressé à vous offrir le service de ses lumières, et de son expérience ce dont les fruits sont, ce me semble, une prudence, qui de nos jours, paraît presqu'exagérée: ainsi donc il vous mettra sur la voie des renseignements que vous devez exiger en tout ce qui peut conduire à vous donner des garanties suffisantes pour mettre vos intérêts à l'abri de toute eventualité fâcheuse, pour l'avenir de votre belle invention.
Je regrette bien que le délai de ces messieurs vous oblige à différer votre voyage ici: Caroline et Horatia 6 craignent infiniment que vous n'y veniez qu'après leur départ ce qui serait bien désagréable pour vous aussi: mais j'espère, qu'en ce moment, vous êtes en pourparlers avec Mr de Bassano et que vous ne tarderez pas à vous entendre sur les bases d'un arrangement, dont l'effet sera, je m'en flatte, votre prochaine arrivée parmi nous.
Vous comprenez sans doute, qu'il faut éviter de me nommer comme m'étant occupée de vous procurer un conseil ici. (de me nommer, je veux dire aux personnes, traitant en ce moment personellement avec vous, Mr le Marquis de B. et & & -) Ce Mr de Lagrange m'est totalement étranger; ce que j'ai cru plus convenable, pour vous donner toute confiance en ses avis, comme n'étant pas intéressé à favoriser personne en cette affaire: autrement je connais plusieurs individus dans ma propre famille même, qui eussent pu vous être aussi d'un utile secours dans les affaires: mais cela vaut mieux ainsi, selon moi.
Croyez-moi, cher Monsieur Talbot, comme toujours Votre bien affectionnée
Amélina Petit
Est-ce le Calotype vous absorbe tellement que vous ayiez negligé, comme Monsieur Arago 7 et consorts, de prévoir cette magnifique comète? 8 ... Jusqu'ici nous n'avons que sa queue, et si son corps est en proportions de son énorme dimension, son apparence doit causer sensation dans notre petit monde. Il parait cependant que l'on n'est pas encore sûr ce que cette traînée lumineuse soit la chevelure d'un astre toujours si échevelé! Nous verrons bientôt sans doute; en attendant; il fait beau, très-beau; temps précieux pour la photographie que je voudrais voir en pleine activité! - Il est assez singulier que je n'aie pas eu un mot de mon frère depuis son départ. Caroline et Horatia se portent bien: Milord 9 so so - Mille amitiés à Milady et à Madame Talbot. 10
Paris
Samedi, 25 mars1843
[envelope:]
Angleterre
W. Henry Fox Talbot Esqre
31. Sackville St. Piccadilly
London.
Translation:
My dear Mr Talbot:
Caroline has informed me this morning of your surprise at having received neither news nor a visit from Mr de Bassano. Milady's letter to Caroline dates from 20th of this month, on which date I assume these gentlemen to have arrived in town: since they left Paris on the evening of 14th, for the Marquis de Bassano's residence where they were to stay for only two days: and yet, according to my calculations, they should, according to Lady Elizabeth's letter, have already entered into personal contact with you, -Your last letter of 15th reached me after their departure, and, as I believed them to be on their way to London, I did not send it on believing that they would have seen you before they would have received it, and that they would therefore reply in person to all it contained regarding the changes you propose to the distribution of profits. I set about trying to find an intelligent man well-versed in such matters and was recommended to seek out a Mr de Lagrange, of - 42. rue des petites écuries. He enjoys social respect, a reputation for great integrity, a handsome fortune. It is said that he possesses an extremely precise knowledge of the laws not only of France; but also of America and England whose language he knows having lived in both these lands. He is an elderly gentleman; of a solemn and most respectable exterior: I have been introduced to him and from the little I explained, he seemed to me eager to offer you his wisdom, and his experience whose fruit, it seems to me, is a prudence which, in our day, appears almost exaggerated: he will thus be able to set you on the track towards the information you must demand in order to receive sufficient guarantees to secure your interests from any unfortunate eventuality, for the future of your great invention.
I greatly regret that the these gentlemen's delay has obliged you to postpone your journey here: Caroline and Horatia fear infinitely that you will come only after their departure which would be highly disagreeable for you too: however I hope you are, at this time, in negotiations with the Marquis de Bassano and that you will lose no time in finding the basis of an agreement, the effect of which will be, I like to believe, your early arrival among us.
You will doubtless understand, that it is necessary to avoid naming me as having been involved in procuring you an advisor here. (naming me, I mean to say to those with whom you are currently dealing, the Marquis de Bassano, and & & -) Mr de Lagrange is a stranger to me; I believed this to be most appropriate in order to give you the greatest confidence in his advice, since he has no interest in favouring any one person in this affair: otherwise I know of many individuals in my own family, who would have been of useful help to you in business matters: but in my opinion it is better thus.
Believe me, dear Mr Talbot, ever Affectionately yours
Amélina Petit
Does the Calotype absorb you to such an extent that you have neglected, like Mr Arago and his consorts, to watch this magnificent comet? ... Thus far we only have its tail, and if its body is in proportion with its enormous dimension, its appearance will cause quite a sensation in our little world. It appears however that we are not yet sure that this luminous trail should be the tail of such a frenzied star! We will soon see without a doubt; in the meantime; the weather is good, very-good; precious weather for photography which I would so like to see in full activity! It is quite peculiar that I should not have received a single word from my brother since his departure. Caroline and Horatia are well: Milord is so so - A thousand regards to Milady and to Mrs Talbot.
Paris
Saturday, March 25th 1843
[envelope:]
Angleterre
W. Henry Fox Talbot Esqre
31. Sackville St. Piccadilly
London.
Please cite as “TALBOT4782,” in Ɛpsilon: accessed on