TALBOT4906

Mlle Amélina Petit

Lacock
le 12 Déc 1843

Chère Mlle

Ne vous laissez pas troubler l’esprit par cette malheureuse affaire de la Calotypie, 1 songez seulement que nous avons fait notre possible. Rien n’est arrivé pas notre faute. Fallait-il agir autrement que nous n’avons fait? Je ne le crois pas. Rien n’est plus facile que d’être sage après coup –

Quelqu’un a dit: Heureux ceux qui n’ont foi à personne – car ils ne seront pas trompés –

Je suis bien aise d’apprendre que vous êtes venue à Paris pour passer quelques jours.

Si votre frère 2 va retourner en Amérique, il me semble qu’il pourrait y aller en passant par la Jamaïque et les Antilles. – S’il peut y aller et prendre un certain nombre de belles vues photographiques qui seraient l’image fidéle de la Nature Tropicale de cette belle végétation incroyable à nos idées Septentrionales, je crois qu’il ferait bien meilleure affaire qu’en restant à Paris, car je serais prêt à les lui acheter pour les intoduire dans un ouvrage à planches photographiques que je vais incessamment commençer. C’est Nicole 3 qui aura soin de l’execution des planches, qui doivent avoir toute perfection. Ecrivez donc ceci à votre frère si vous êtes partie de Paris. S’il en se sent pas assez habile photographiste pour en venir à bout, il trouverait facilement de jeunes artistes Parisiens qui l’accompagneraient ou bien d’autres personnes quelconques qui, étant entraînés par leurs affaires dans ce quartier du monde, voudraient y joindre cette autre occupation.

Nos dames sont allées à Bath aujourd’hui par un brouillard épais qui contraste fortement avec le soleil des Antilles dont je viens de me figurer les effets hillares et pittoresques.

Adieu et croyez moi Toujours à vous,
H. F. Talbot

Si vous n’aimez pas l’écrire à votre frère, vous me le direz, que je lui écrive moi même.

Translation:

Mlle Amélina Petit

Lacock
12th Dec. 1843

Dear Mlle,

Do not allow yourself to be troubled by this unfortunate Calotype affair, think only that we have done our best. Nothing happened through our own fault. Should we have acted differently? I believe not. Nothing is easier than looking back with hindsight –

Somebody said: Happy are those who have faith in no-one – as they will not be deceived –

It gives me great satisfaction to learn that you came to Paris for a couple of days.

If your brother is going to return to America, it seems a good idea to me that he could go there via Jamaica and the French West Indies. If he can go there and take a certain amount of beautiful photographic views that would be the precise image of the Nature Tropicale of beautiful vegetation unbelievable to our northern minds, I believe that he would do better business than staying in Paris, as I would be willing to buy them from him to present them in a work of photographic plates that I am about to begin. It is Nicole who will be in charge of the production of the plates, which must be completely perfect. If you have left for Paris, write and tell your brother of this. If he does not feel his photography skills are sufficient to complete the task, he would be able to find easily young Parisian artists who could accompany him or indeed any other people who, taken to that part of the world because of business, would like to partake in this other occupation.

Our ladies went to Bath today amidst a thick mist which is a strong contrast to the sun of the French West Indies of which I have just conjured up the beaming and picturesque image.

Farewell and believe me always yours,
H.F. Talbot

If you do not wish to write to your brother, tell me, and I will write to him myself.

Please cite as “TALBOT4906,” in Ɛpsilon: accessed on 5 June 2025, https://epsilon.ac.uk/view/epsilon-testbed/talbot/letters/TALBOT4906