Photographic Rooms
Adelaide Gallery 1
24. Août 1844
Monsieur,
Je vous confirme la lettre 2 que j’ai eu l’honneur de vous adresser hier. Depuis j’ai refléchi sur l’impression qu’a pu faire dans votre esprit la singulière lettre de Mr Stephen Spring Rice. 3 Il vous aura sans doute écrit lui même & vous aura peut être donné l’idée que je négligé [sic] le Talbotype 4 & que je fais valoir le Daguerreotype au détriment de votre procédé. Je vous assure qu’il n’en est rien. J’ai pris le Talbotype dans l’intention de le faire prospérer & je n’épargnerai ni dépenses, ni peine pour arriver à ce résultat. Je serais honteux si on pouvait m’accuser du contraire. Si j’avais traité avec vous pour étouffer votre procédé ce serait un acte infâme, & jamais des considérations basses d’intérêt ne me feront départir des principes honorables qui ont fait la règle de toute ma vie. Cela ne m’empêchera de dire la vérité, de faire ressortir les avantages & les genres differents des deux procédés. Jusqu’à ce que nous ayons pu opérer sur une surface aussi homogène & aussi parfaite qu’une plaque d’argent, je dirai que le Daugerreotype donne des images plus délicates, plus finies & d’une plus grande perfection que le Talbotype. Jusqu’à ce que nous ayons pu opérer avec le Talbotype en quelques secondes & aussi rapidement qu’au Daguerreotype, je dirai que l’avantage sous ce rapport pour obtenir une impression agréable est du côté du Daguerreotype. Mais je dirai aussi que le Talbotype a des beautés que l’autre n’a pas, que les épreuves sont plus portatives, qu’on peut les faire circuler plus facilement, les envoyer par la poste, les insérer dans des albums &c. &c. qu’enfin qu’ on peut obtenir un nombre illimité de copies, ce qui ne peut pas avoir lieu pour le Daguerreotype. Il y en a donc pour tous les usages & pour tous les gouts. Mais vous ne vous êtes sans doute pas attendu qu’en traitant avec vous je mettrais de côté le Daguerreotype ou que je le negligerais.
J’entre dans ces détails parceque je crois que ma conversation avec Mr Spring Rice a porté sur ce sujet & que je lui ai developpé l’état des deux procédés. J’ai été jusqu’à faire son portrait au Daguerreotype uniquement pour l’interesser, mais sans la moindre idée de le lui faire acheter, ce que j’ai eu la précaution de lui dire avant l’opération, car je n’aime pas d’avoir l’air de vouloir engager à acheter. Je fais mon metier de l’art que je pratique mais je veux que le public m’achète sans être sollicité ni tourmenté comme cela a lieu dans une boutique. Personne ne sortira de chez moi avec mécontentement & regrettant d’avoir été poussé à dépenser plus d’argent qu’on n’en avait l’intention en arrivant.
Maintenant pour vous prouver que je ne néglige pas le Talbotype je vous envoie quelques uns des grands portraits que j’ai faits pour les montrer au public & faire connaitre avantageusement votre procédé. Les négatifs de ces portraits ne sont pas sans défauts les copies n’en sont pas exemptes, mais certes vous ne pourrez pas vous plaindre de la manière dont nous avons operé. Je n’en [sic] pas encore vu des portraits aussi parfaits ni de Mr Henneman 5 ni d’aucun autre opérateur. Ces portraits ont des yeux & des habits. tout est venu. Maintenant lorsque je pourrai me procurer du papier qui ne donne pas des taches ce qui ne dépend pas de moi, car j’en ai acheté de tous les fabricants, alors je ne craindrai pas d’être accusé de ne pas comprendre votre procédé. Je ne vous envoie pas les meilleures copies de ces portraits de craindre de les gâter durant le trajet mais celles ci vous suffiront pour juger.
Le petit portrait de dame n’est pas une copie assez venue, nous en avons fait d’autres bien meilleures avec le même négatif & la personne en a été très satisfaite.
Je serai charmé de recevoir une réponse à celle ci & aux précédentes.
Je vous serai obligé de me renvoyer les négatifs de Mr Spring Rice, & les grands portraits ci joints jusqu’à ce qu’aie pu faire de nouvelles copies, ce qui est assez difficile avec le temps de brouillard que nous avons depuis quelques jours. Je vous en donnerai d’autres peut être meilleures.
J’ai l’honneur d’être Monsieur votre serviteur
A Claudet
H. Fox Talbot Esqe
Translation:
Photographic Rooms
Adelaide Gallery
24 August 1844
Sir,
I am writing to confirm the letter which I had the honour of sending you yesterday. Since then I have reflected on the impression which Mr Stephen Spring Rice’s singular letter may have made on you. He will doubtless have written to you himself & may have given you the idea that I am neglecting the Talbotype & promoting the Daguerreotype to the detriment of your process. I assure you that this is not the case. I took on the Talbotype with the intention of making it prosper & I will spare neither expense nor effort in achieving this aim. I would be ashamed if anyone could accuse me of the contrary. If I had negotiated with you in order to suppress your process, it would be a shameful deed & never would base considerations of my own business induce me to abandon the honourable principles which I have followed throughout my life. This will not prevent me from telling the truth or from demonstrating the advantages & the different characteristics of the two processes. Until we have succeeded in operating on a surface as even & as perfect as a silver plate, I will say that the Daguerreotype produces more delicate, better finished and more perfect images than the Talbotype. Until we have succeeded in making the Talbotype operate within a few seconds & as a quickly as the Daguerreotype, I will say that, in this respect, the Daguerreotype has an advantage when it comes to obtaining an acceptable impression. But I will also say that the Talbotype has charms which the other lacks, that the prints are more portable and can be circulated more easily, sent by post or put into albums &c.&c. Finally, an unlimited number of copies can be obtained, which is not possible with the Daguerreotype. Consequently, there is something to suit all uses & tastes. But you doubtless did not expect me to put the Daguerreotype to one side or to neglect it because I was negotiating with you.
I have mentioned these details because I believe that my conversation with Mr Spring Rice covered this subject & because I enlarged upon the state of the two processes for him. I went as far as to take his portrait with the Daguerreotype purely to interest him, and without the slightest intention of making him buy it, which I took the precaution of telling him beforehand because I do not wish to seem to be pressurising someone to buy. I make a living from the art which I produce, but I want the public to buy from me without being importuned or harassed as so often happens in a shop. Nobody is to leave my premises feeling dissatisfied & regretting that they were pushed into spending more money than they had originally intended.
Now, in order to prove to you that I am not neglecting the Talbotype, I am sending you some of the large portraits which I have taken to display them in public & to make your process favourably known. The negatives of these portraits contain some faults which are also in the copies, but you certainly cannot complain about the way in which we have gone about things. I have not yet seen such perfect portraits from either Mr Henneman or any other operator. These portraits have eyes & clothes, everything has come out. Now, because I can buy from various manufacturers, I can procure paper and it is not my fault if it is marked. Therefore, I will not fear accusations that I do not understand your process. I am not sending you the best copies of these portraits for fear of them being spoiled in the journey, but these will suffice for you to make a judgement.
The small portrait of the lady is not a particularly good one, we have made much better ones with the same negative, and the customer was most satisfied.
I will be delighted to receive a reply to this letter and to the earlier ones.
I will be obliged if you would return Mr Spring Rice’s negatives & the large portraits which I have enclosed until such time as I have been able to make new copies. This is quite difficult because of the fog which we have had for several days. I will give you some others which may be better.
I have the honour of being, Sir, your humble servant.
A. Claudet
Please cite as “TALBOT5042,” in Ɛpsilon: accessed on