Monsieur et cher Confrère.
Quoique je n’aie eu l’honneur de vous voir qu’une seule fois, il y a peut être une douzaine d’années à Paris dans une Séance de l’académie1, car dans mes deux voyages à Londres, vous étiez absent, permettez que je vous adresse une notice imprimée de mes faibles titres scientifiques augmentées des choses que j’ai faites depuis ma nomination à l’académie2.
Une des raisons pour lesquelles je vous envoie le résumé de mes recherches, est celle ci. En parcourant recemment un ouvrage de physique Anglais j’ai à peine vu mon nom cité. J’en ai conclu à tort ou à raison, que les résultats Scientifiques que j’ai obtenus dans mes essais incessants, sont peu connus ou peu estimés à Londres.
Si vous lisez, mon cher Confrère avec quelque attention ma notice3 et l’addition qui est jointe vous admettrez au moins que les faits du décroissement de la compressibilité des liquides4, de l’accroissement de la compressibilité des gaz et de l’inégale compressibilité des gaz5, de la loi de la propagation de la chaleur dans les liquides6, des oscillations du zéro du thermomètre7, la solution complète de la question du maximum de densité des dissolutions aqueuses8, la démonstration directe de l’interférence du son, la rélation entre la longueur de l’arc voltaique vertical ou horizontal et le sens du courant9, sont des résultats si je ne me fais illusion, qui me sont dus incontestablement.
Cette manière de procéder de ma part, a peut être quelque chose de singulier. Cela est possible. Mais il est bien dur de consacrer tout son temps, et le peu qu’on possède à l’avancement de la science et de voir ses travaux si peu appréciés.
Recevez, Monsieur et cher Confrère, l’assurance des sentiments distingués, avec lesquels je suis
votre dévoué Confrère | C.M. Despretz | M. de l’Institut
Le 30. 9bre 1855
PS. peut être que la démonstration de la généralité de la loi de la propagation de la chaleur dans les corps solides, bons ou mauvais conducteurs10, de la non influence de la tension ou de la quantité sur la composition de la lumière électrique11, de l’indépendance de la chaleur dégagée, de la pression, pour les corps qui ne changent pas le volume du gaz oxygène12 a aussi une certaine importance.
Monsieur Faraday | Membre de la societé royale de Londres, membre associé étranger de l’Institut de France.
TRANSLATION
Sir and dear colleague
Although I have not had the honour of seeing you but once, perhaps a dozen or so years ago, in Paris, at a meeting of the Academy13, as on both my trips to England you were away, allow me to send you a printed note of my poor scientific titles, augmented by the things that I have done since my nomination to the Academy14.
One of the reasons why I am sending you a summary of my research is this. Skimming through an English work on physics recently, I hardly saw my name cited. I have concluded rightly or wrongly that the scientific results which I have obtained in continuous experiments, are little known or little appreciated in London.
If you read, my dear Colleague, with a little attention my note15 and the appendix attached, you will admit that the facts on the decreased compressibility of liquids16, the increased compressibility of gases and on the unequal compressibility of gases17, the law of heat propagation in liquids18, the oscillations of zero on the thermometer19, the complete solution to the question of the maximum density of aqueous solutions20, a direct demonstration of the interference of sound, the relationship between the length of a vertical or horizontal voltaic arc and the direction of the current21, are results which, if I am not mistaken, are incontestably due to me.
This manner of proceeding on my part is perhaps unusual. That is possible, but it is very hard to dedicate all one’s time, and the little one possesses, to the advancement of science and to see one’s efforts so little appreciated.
Please accept, Sir and dear Colleague, the assurance of my distinguished sentiments, with which I am
your devoted Colleague | C.M. Despretz | of the Institute
30 November 1855
PS: Perhaps the demonstration of the of law, applicable to most cases, of the propagation of heat in solids, good or bad conductors22, of the non-influence of tension or quantity on the composition of electric light23, of the independence of radiant heat and of pressure on bodies which do not change the volume of oxygen gas24, also has some importance.
Mr. Faraday | Member of the Royal Society of London, Foreign Associate Member of the French Institute.
DESPRETZ, César Mansuète (1827): “Sur la compression des gaz”, Ann. Chim., 34: 335-443.
DESPRETZ, César Mansuète (1828): “Mémoire sur la combustion sous différentes pressions”, Ann. Chim., 37: 182-3.
DESPRETZ, César Mansuète (1837): “Observations sur le Déplacement et sur les Oscillations du Zéro du Thermomètre à Mercure”, Ann. Chim.,
64:
312-21.DESPRETZ, César Mansuète (1839): “Mémoire sur la Propagation de le Chaleur dans les Liquides”, Ann. Chim., 71: 206-22.
DESPRETZ, César Mansuète (1839-40): “Recherches sur le Maximum de Densité de l'Eau pure et des Dissolutions aqueuses”, Ann. Chim., 70: 5-48, 49-81, 73: 296-310.
DESPRETZ, César Mansuète (1845): “Sur la compression des liquids”, Comptes Rendus, 21: 216-8.
DESPRETZ, César Mansuète (1852): “Nouveaux nombres sur la propagation de la chaleur dans les corps”, Comptes Rendus, 35: 540-8.
DESPRETZ, César Mansuète (1853): “Observations sur le charbon et sur la difference de la temperature des pôles lumineux d’induction”, Comptes Rendus, 37: 369-72, 443-50.
Please cite as “Faraday3055,” in Ɛpsilon: The Michael Faraday Collection accessed on