From Jules Lissajous   14 Juin 1857

Paris 14 Juin 1857

Mon cher Monsieur

J’ai eu beaucoup d’affaires à mettre au courant depuis mon retour, c’est ce qui m’a empêché de vous écrire, comme je le voulais, pour vous donner de mes nouvelles, et vous remercier encore une fois de votre cordiale hospitalité.

Je suis arrivé à Paris mardi soir à 10h ½ sans avoir éprouvé de retard, mais très fatigué. La traversée de Douvres à Calais a été assez pénible pour moi, le temps était beau, mais la mer était forte, j’ai même été trempé des pieds à la tête par une vague qui a inondé le pont au milieu du voyage. J’ai lutté avec succès, mais avec une grande fatigue contre le mal de mer.

Je regrette maintenant de n’avoir pas emmené mes caisses avec moi, mes appareils me manquent, et leur absence me gêne beaucoup dans mes travaux. Je pense que vous avez eu l’obligeance de me les renvoyer, néanmoins je n’en ai pas encore eu de nouvelles. Si par hasard vous n’aviez pu encore les adresser au chemin de fer, je vous prie instamment de le faire de suite, je vous en serais très reconnaissant. Peut-être vous demandera-t-on une déclaration écrite de ce que contiennent les caisses avec les prix correspondants; en voici la liste :

Quatre diapasons—10f

Un interrupteur électromagnétique—35f

Un diapason

Un électromoteur à diapason—25f

Un comparateur des mouvements vibratoires—40f

Un stéréoscope—10f

Total—120f

Si vous voyez Monsieur Barlow, je vous prie de lui dire combien je regrette d’être parti sans avoir pu le rencontrer. Veuillez être assez bon pour lui demander la liste des hommes éminents qui ont assisté à la séance du vendredi 5 juin. Je serais heureux de l’avoir, afin de faire savoir en France comment l’Angleterre accueille les découvertes scientifiques.

J’espère aussi que vous voudrez bien être auprès de Monsieur Faraday l’interprète de ma profonde sympathie. J’ai été on ne peut plus touché de l’accueil qu’il a bien voulu me faire. Il est si rare de trouver un aussi grand talent réuni à tant de simplicité et d’affabilité qu’en voyant votre illustre et excellent maître on se demande ce qu’on doit le plus admirer de son génie ou de son cœur. Dites lui bien combien je suis heureux et fier d’avoir vécu quelques jours dans son intimité.

Quant à vous, mon cher ami, je conserve précieusement le souvenir de votre cordiale hospitalité. Ne manquez pas de m’avertir à l’avance du jour où vous passerez par Paris afin que je puisse vous recevoir dignement et vous réunir à quelques uns de nos jeunes savants.

Je compte sur votre obligeance pour me rassurer au sujet de mes caisses, et me donner quelques détails sur la manière dont les journaux Anglais ont parlé de notre séance.

Adieu, mon cher Monsieur Tyndall, croyez au dévouement bien sincère et à l’amitié inaltérable | de votre affectionné | J. Lissajous

Paris June 14 1857

My dear Sir,

I had many things to attend to since my return,1 this is what kept me from writing to you, as I wished, to give you some news and thank you once again for your warm hospitality.

I reached Paris on Tuesday night at half past ten, without experiencing any delay, but very tired. The crossing from Dover2 to Calais3 was rather tiresome for me, the weather was fair, but the sea was rough, I was even soaked from head to toe by a wave that flooded the deck mid-journey. I successfully fought, against seasickness but it took a lot of efforts.

I regret now not taking my trunks with me, I miss my instruments and their absence much disturbs my work. I trust you had the courtesy of sending them back to me, however, I have not heard of them yet. If by chance you have not been able to send them to the railway, I urge you to do so right away, I will be very grateful. You might be asked for a written declaration of the content of the trunks and their corresponding prices; here is the list:

Four diapasons4—10f

One electromagnetic switch—35f

One diapason

One electromotor with diapason—25f

One comparator of vibrating movements—40f

One stereoscope—10f

Total—120f

If you see Mr Barlow, I beg you to tell him how much I am sorry for leaving without having been able to meet him. Please be kind enough to ask him for the list of the eminent men who attended the session on Friday, June 5.5 I would be happy to have it, so as to make it known in France how England welcomes scientific discoveries.

I also hope that you will kindly send on my behalf my deepest sympathy to Mr Faraday. I could not have been more touched by the welcome that he so kindly gave me. It is so rare to find such great talent united to such simplicity and affability that as one sees your illustrious and excellent teacher he wonders what to admire most of, his genius or his heart. Tell him how pleased and proud I am to have lived a few days in his proximity.

As for you, my dear friend, I treasure the memory of your warm hospitality. Be sure to let me know in advance about the day when you will come by Paris, so that I may fittingly receive you and present to you some of our young savants.

I count on your kindness to reassure me about my trunks, and to give me some details about the manner in which English newspapers spoke about our meeting.

Farewell, my dear Mr Tyndall, believe in the truly sincere devotion and the unalterable friendship | of your affectionate | J. Lissajous

RI MS JT/1/L/25

since my return: see letter 1310, n. 2.

Dover: a coastal town in England on the English Channel, where travelers would cross by ferry to France.

Calais: a coastal town in France on the English Channel, where travelers would cross by ferry to England.

diapasons: a rule or scale employed by makers of musical instruments in tuning (OED).

the session on Friday, June 5: see letter 1310, n. 2.

Please cite as “Tyndall1403,” in Ɛpsilon: The John Tyndall Collection accessed on 5 June 2025, https://epsilon.ac.uk/view/tyndall/letters/Tyndall1403