From Jacques-Louis Soret   11 Sept. 18621

Genève 11 Sept. 1862

Cher Monsieur

Je viens de corriger les épreuves d’un article pour les Archives des Sc. Phys. et Nat relatif à la discussion entre M. Magnus et vous sur l’absorption de la chaleur rayonnante par la vapeur d’eau. Toute cette question est éminemment intéressante et il n’y a pas de doute dans mon esprit que vous n’ayez tout à fait raison.—L’élaboration de cet article m’a amené à voir qu’il y avait encore une partie de vos recherches dont les Archives n’ont pas rendu compte. J’ai vu dans les Annales de Poggendorff un mémoire de vous qui fait suite, je pense à votre premier travail publié dans le Philosophical Magazine et les Transactions [de raison] et je suis indiscret en vous demandant si un second mémoire a paru en anglais et dans ce cas s’il vous serait possible de me le faire parvenir; et même si ce n’était pas abuser de votre bonté, je vous demanderai l’envoi de votre premier mémoire que je ne possède pas (celui que j’ai eu entre les mains appartient à Mr de la Rive2) et qui me serait fort utile pour la compréhension du second.

J’ai à vous remercier, Monsieur, de plusieurs envois que vous avez bien voulu me faire; vous avez vu que j’ai cherché à analyser dans les Archives votre beau travail sur les glaciers qui m’a vivement intéressé. Beaucoup de nos lecteurs m’ont remercié de les leur avoir fait connaître.—En lisant vos travaux sur ce sujet j’ai cherché sans rien trouver si vous aviez mentionné un détail sur la structure de la glace des glaciers que j’ai eu l’occasion d’observer pendant l’été de 1861. Permettez-moi de vous dire à quelle occasion.

J’ai eu l’honneur de vous envoyer un mémoire de Mr Thury sur les glacières naturelles qui contient une petite notice que j’avais écrite sur la glacière de Schafloch (Voyez Archives 1861No de [1 word illeg]). Je suis retourné visiter cette glacière le 3 Sept. 1861. Je ne vous entretiendrai pas de quelques observations que j’ai faites sur les dimensions de la grotte, sur la température etc. La théorie de la formation de la glace est je crois suffisamment expliqué dans le mémoire de M. Thury. Mais il reste encore différentes choses à étudier sur la constitution de la glace et la structure.—Un premier fait remarquable c’est que souvent les pilastres de glace présentent des cavités de forme variée; [ainsi] [l’année] [dernière] il y avait un énorme pilastre pyramidal sous lequel se trouvait une cavité assez grande pour que j’ai pu y pénétrer; on remarquait à l’intérieur de cette petite caverne des stalactites de glace. L’intérieur de ces cavités n’est pas très facile à expliquer.—Un autre point qui m’a frappé c’est la ressemblance très grande de la glace de cette glacière avec cette des glaciers dans les parties inférieures. Ainsi les blocs de glace de la partie inférieure du glacier supérieur de Grindelwald ou du glacier de Rosenlaui ont une ressemblance frappante de structure avec les pilastres des Schafloch (au moins dans l’été de 1861) On remarquait une sorte de stratification tout à fait analogue et la même structure aréolaire.—De plus j’avais remarqué que dans la glace de Schafloch, la surface extérieure des aréoles est striée, c’est-à-dire couverte de petites rides, que je ne puis mieux comparer pour l’apparence et la dimension, qu’avec les petites rides que présente la peau des doigts à leur extrémité du côté opposé aux ongles. Dans chaque aréole, c.-à-d. dans chaque morceau compacte de glace ces stries présentent une sorte de parallélisme mais elles ne sont point parallèles dans deux aréoles contigües.—Or, et c’est à ce détail de structure que je faisais allusion au commençant, j’ai observé [distinctement] la même chose dans la glace du glacier de Grindelwald et aussi quoique moins nettement dans le glacier de Rosenlaui. Cette structure striée était parfaitement nette dans la caverne creusée artificiellement dans le glacier supérieur de Grindelwald où l’on conduit toujours les touristes depuis quelques années. A Rosenlaui elle était aussi visible dans des grottes naturelles. [En un mot] il m’a semblé que l’on observait ce phénomène dans les points où la glace est en fusion lente sans être exposée aux injures du temps (when not weathered, comme vous dites).—Je ne sais si je m’exprime assez clairement pour vous faire comprendre ce que j’entends par cette structure striée; pour mieux y parvenir, jetez un coup d’œil sur la figure 19 de votre mémoire On the Veined Structure of Glaciers (p. 300); vous avez la représentation d’un morceau de la structure de glace composée de [cinq] aréoles. Ce sont chacune de ces aréoles dont la surface [est] couverte de petites rides—J’ajouterai que Mr Thury m’a dit avoir observé le même fait, la même année à la glacière de St. Georges.

Cette grande analogie entre la glace des glaciers et celle d’une glacière m’a paru curieuse et c’est ce qui m’a engagé à vous parler puisque j’avais l’occasion de vous écrire. Comment ce fait-il que la glace formée dans des circonstances si différentes, et ayant subi des actions diverses, présente une possible ressemblance? Je n’ai pas eu le temps malheureusement de faire une étude plus complète de ce fait, que vous expliquez sans doute beaucoup plus facilement que moi.

Excusez, cher Monsieur, cette longue lettre, et croyez à mes sentiments les plus dévoués.

L. Soret

P.S. Je vais bientôt partir pour Heidelberg où je compte passer l’hiver; si je pouvais vous y être de quelque utilité disposez de moi je vous prie.

Monsieur le Professeur Tyndall.

Geneva, September 11 1862

Dear Sir,

I have just corrected the drafts of an article for the Archives des sciences physiques et naturelles3 relating to the discussion between Mr Magnus and yourself on the absorption of radiant heat by water vapour.4 This entire issue is outstandingly interesting and there is no doubt in my mind that you are completely right.—In preparing this article, I discovered that there is still a part of your research unreported by the Archives.5 In the Annals of Poggendorff6 I saw one of your articles that I think follows on your first work published in the Philosophical Magazine and the Transactions,7 and I must ask you, if I may be so bold, if a second article was published in English, and if so, whether it would be possible to send it to me.8 If I am not abusing your kindness, I would ask you to send me the first article, which I do not have (the one that I consulted belonged to Mr de la Rive) and which would be extremely helpful for me in order to understand the second one.

I must thank you, Sir, for the several communications that you were kind enough to send me.9 You saw that I intended to analyze your wonderful work on glaciers,10 which greatly interested me, in the Archives.11 Many of our readers have thanked me for making it known.—While reading your work on this subject, I could not find if you mentioned in detail the structure of the ice of glaciers that I had the opportunity to observe during the summer of 1861. Allow me to tell you on what occasion.

I had the honour of sending you Mr Thury’s12 article about natural ice caves, which included a small note that I wrote on the ice cave of Schafloch13 (See Archives 1861, [issue] [1 word illeg]). I went back to visit this ice cave14 on September 3rd 1861. I will not bore you with the observations that I made on the dimensions of the cave, its temperature, etc. The theory of the ice formation is, I think, sufficiently explained in Mr Thury’s article. But various aspects of the constitution and structure of the ice still remain to be studied.—The first remarkable fact is that often the pillars of ice develop cavities of a various forms. [Thus last year] there was an enormous pyramidal pillar under which there was a cavity large enough that I could enter it. One could see that inside that small cavern there were ice stalactites. The interior of these cavities is difficult to explain.—Another point that stuck me was the very great similarity of the ice of this ice cave with that of the glaciers in the lower parts. Thus, the blocks of ice of the lower part of the upper Grindelwald glacier,15 or of the Rosenlaui glacier,16 have a striking structural similarity to the pillars of Schafloch (at least in the summer of 1861). Your could see an absolutely matching kind of stratification and the same areolar structure.—Also, I noticed that in the ice of Schafloch, the exterior surface of the areolas is striated. In other words, it is covered in small creases, which are best compared, based on their appearance and size, to the small wrinkles on theskin of the fingertips opposite the nails. In each areola, i.e. in each compressed piece of ice, these striations display a kind of parallelism, but they are not parallel in two adjacent areolas.—Yet, and it is this structural detail that I was referring to in the beginning, I have observed distinctly the same thing in the ice of the Grindelwald glacier, as well as less clearly in the Rosenlaui glacier. This striated structure was perfectly clear in the artificially dug cavern in the upper Grindelwald glacier, which has been open to tourists for the past several years. At Rosenlaui it was also visible in natural caves. [In short], it seemed to me that we saw this phenomenon in places where the ice is slowly melting without being exposed to the weather (when not weathered, as you put it).—I do not know if I am expressing myself clearly enough for you to understand what I mean by this striated structure. To better understand it, take a glance at the figure 19 of your article On the Veined Structure of Glaciers17 (p. 300). You have an image of a piece of the ice’s structure, composed of [five] areolas. It is on each of these areolas that the surface is covered in small creases.—I would add that Mr Thury told me that he observed the same fact in the same year at the St. Georges glacier.

This striking similarity between the glacier ice and that of an ice cave seemed curious to me, and this is what urged me to bring it to your attention, since I had the chance to write to you. How is it that ice formed under such different circumstances, and having undergone different things, could have a [possible] resemblance? Unfortunately, I did not have the time to do a more complete study of this phenomenon, which can no doubt explain more easily than I could myself.

Forgive me, dear Sir, for this long letter, and accept my best and most devoted wishes.

L. Soret

P.S. I will soon leave for Heidelberg where I plan to stay the winter. If I could be of any use to you there, please do not hesitate to let me know.

Professor Tyndall.

RI MS JT/1/S/86

Jacques-Louis Soret: Jacques-Louis Soret (1827–90), a Swiss chemist who, in 1878, discovered the chemical element holmium. Soret also recognised that the chemical composition of ozone is three oxygen atoms bound together (HLS).

Mr de la Rive: Arthur-Auguste de la Rive (1801–73), a Swiss physicist and one of the founders of the electrochemical theory of batteries. He served as professor of natural philosophy at the Academy of Geneva and worked principally on electricity, although he also investigated the specific heats of gases and calculated the temperature of the Earth’s crust. His principal book was Traité d’électricité théoretique et appliquée, 3 vols (Paris: J.-B. Baillière et H. Baillière, 1854–8).

Archives des sciences physiques et naturelles: a printed reproduction of scientific lectures edited in Geneva by Auguste de la Rive. Soret ensured that significant aspects of Tyndall’s work were summarised in this publication throughout the 1860s.

the discussion… heat by water vapour: this appeared as ‘Sur la Propagation de la Chaleur Rayonnante Dans L’air Humide par M. Magnus et M. Tyndall’, Archives des sciences physiques et naturelles, 15 (1862), pp. 20–40.

part of your research unreported by the Archives: Archives had previously published summaries of Tyndall’s lectures at the RI and a lengthy summary of his book Glaciers of the Alps. See J. Tyndall, ‘De L’Action Des Gaz et Des Vapeuresur Le Calorique Rayonnant (Extract d’un discours prononcé à I’Insitution royale de la Grande-Bretagne, le 18 janvier 1861)’, Archives des sciences physiques et naturelles, 10 (1861), pp. 373–7; L. Soret, ‘Les Glaciers par M. le prof. John Tyndall’, Archives des sciences physiques et naturelles, 13 (1862), pp. 199–240; and J. Tyndall, ‘Sur L’Absorption et le Rayonnement de la Chaleur Par les Matieres Gazeuses (Extact d’une communication faite à l’Insitution royale de la Grand-Bretagne, le 17 janvier 1862)’, Archives des sciences physiques et naturelles, 13 (1862), pp. 260–4.

Annals of Poggendorff: Poggend. Annal., edited by Johann Christian Poggendorff.

your first work published in the Philosophical Magazine and the Transactions: Soret was here referring to: J. Tyndall, ‘On the Absorption and Radiation of Heat by Gases and Vapours, and on the Physical Connexion of Radiation, Absorption, and Conduction’, Phil. Trans., 151 (1861), pp. 1–36 (which was also published in the September issue of the Phil. Mag)..

if a second article was published in English, and if so, whether it would be possible to send it to me: Tyndall clearly did send Soret his second memoir (see letter 1914, n. 1), because Soret gave a detailed summary of the paper in a further article, ‘Sur L’Absorption et le Rayonnement de la Chaleur par les substances Gazeuses par M. J. Tyndall’, Archives des sciences physiques et naturelles, 16 (1863), pp. 5–46.

the several mails that you were kind enough to send me: letters missing.

your wonderful work on glaciers: Glaciers of the Alps.

in the Archives: L. Soret, ‘Les Glaciers par M. le prof. John Tyndall’, Archives des sciences physiques et naturelles, 13 (1862), pp. 199–240.

Mr Thury: Louis-Étienne François Héricart-Ferrand vicomte de Thury (1776–1854), a French politician and scientist who specialized in mining. Thury, who authored more than 350 articles and was a member of a dozen learned societies, was the owner of a significant tract of land of great arboreal and horticultural richness and co-founded of the National Horticultural Society of France (Dictionnaire de biographie française).

Mr. Thury’s article… the ice cave of Schafloch: M. Thury, ‘Études sur Les Glacières Naturelles’, Archives des sciences physiques et naturelles, 10 (1861), pp. 97–153. This included Soret’s note, ‘Note sur le Schafloch, ou galciere naturelle du Rothhorn par M. L. Soret’, on p. 130.

ice cave: the ice cave of Schafloch was near Lake Thun in the Swiss Alps.

Grindelwald glacier: two glaciers, the Lower Grindelwald (Unterer Grindelwaldgletscher) and the Upper Grindelwald (Oberer Grindelwaldgletscher) south of the town of Grindelwald, on the north side of the Swiss Bernese Alps.

Rosenlaui glacier: a glacier in the Swiss Bernese Alps.

your article On the Veined Structure of Glaciers: J. Tyndall, ‘On the Veined Structure of Glaciers; with observations upon White Ice-seams, Air-bubbles and Dirt-bands, and remarks upon Glacier Theories’, Phil. Trans., 149 (1859), pp. 279–307.

Please cite as “Tyndall1927,” in Ɛpsilon: The John Tyndall Collection accessed on 5 June 2025, https://epsilon.ac.uk/view/tyndall/letters/Tyndall1927