Luxembourg le 29 janvier 1865
Monsieur,
Si je n’ai répondu plus tôt à votre aimable lettre, c’est qu’une longue maladie m’a mis pendant plusieurs mois dans un état désespéré. Maintenant que mes forces me sont revenues avec la santé, je sens plus que jamais le besoin de travailler.
Les deux premiers chapitres de la seconde partie de ma nouvelle théorie de la chaleur et de l’électricité ont été imprimés par les soins d’un de mes amis. J’ôse vous les adresser. Dans le chap.5 je crée la théorie mathématique de la diathermanie. Personne au monde n’est plus compétent que vous pour me dire ce que peut valoir mon travail. Je regrète que mon état ne m’ait pas permis de revoir les § 52, 53, 54. Plusieurs développement en série semblent superflus, mais je compte les utiliser plus tard lorsque j’examinerai l’influence du magnétisme sur la lumière et la chaleur rayonnante.
Dans le chapitre 5 je parviens à déterminer la position de l’axe de rotation (produite par la chaleur) d’une molécule m qui vibre, quelle que soit la trajectoire décrite par m.
La simplicité de ce résultat me laisse l’espoir que l’analyse aura prise sur un grand nombre de phénomènes qu’on regarde comme très complexes.
Dès que le chapitre 6me sera imprimé je prendrai la liberté de vous l’adresser.
Je termine, Monsieur, en vous avouant que dans mon cours je fais de larges emprunts à vos admirables leçons sur la chaleur. J’explique avec soin les procédés que vous avez employés dans la détermination de l’absorption de la chaleur par le gaz et les vapeurs;mais vous l’avouerrais-je, je regrette de ne posséder une partie de la clarté et de la précision que vous mettez dans vos leçons.
Je m’empresse de vous exprimer ma profonde reconnaissance pour l’offre que vous m’avez faite de m’adresser par la voie de la libraire un de vos ouvrages. Ci-joint les voies par lesquelles votre ouvrage pourrait me parvenir.
Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de la considération la plus distinguée de votre très humble serviteur. | de Colnet-d’Huart
Luxembourg, 29th January 1865
Sir,
I have not replied earlier to your kind letter,2 because a long illness put me in a desperate state for several months. Now that my strength and my health have returned, I feel more than ever the need to work.
The first two chapters of the second part of my new theory of heat and electricity3 have been printed by one of my friends. I have the audacity to send them to you. In chapter 5 I create the mathematical theory of diathermancy. Nobody else in the world is more competent than you to tell me what my work is worth. I regret that my health did not allow me to revise the § 52, 53, 54. Several developments in a row seem superficial, but I intend to use them later when I examine the influence of magnetism on light and radiating heat.
In chapter 5, I succeed in determining the position of the axis of rotation (produced by heat) of a molecule m that vibrates, whatever the trajectory of m.
The simplicity of this result gives me hope that analysis will be done on a great number of phenomena currently seen as complex.
As soon as chapter 6 is printed I will take the liberty of sending it to you.
I conclude, Sir, by admitting that I borrow a great deal from your wonderful lessons on heat4 in my lectures. I carefully explain the methods you used in the determination of the absorption of heat by gas and vapours; but I assure you, I can only wish I had a fraction of the clarity and precision you use in your lessons.
I must express my sincere gratitude for the offer you made me to send me one of your works via the bookseller. I have attached instructions for the means by which your work could reach me.
Please, Sir, your humble servant’s highest regards | de Colnet-d’Huart
RI MS JT/1/D/137
Please cite as “Tyndall2219,” in Ɛpsilon: The John Tyndall Collection accessed on